Nicolas Robin est né en 1976, dans les Landes. Il travaille dans le tourisme et parcourt le monde. Il a déjà publié plusieurs ouvrages, Bébé Requin, Super tragique et Roland est mort.

A l’occasion de la sortie de son nouveau roman « Je ne sais pas dire je t’aime » au livre de poche, nous lui avons posé quelques questions.

Nicolas Robin sera également en dédicace à la librairie Deux Degrés Est le samedi 7 avril à partir de 16h.

Je ne sais pas dire je t’aime sort au livre de poche, comment s’est passée l’écriture de ton roman ?
C’était un long processus car au départ il ne s’agissait pas d’un roman choral. Je voulais raconter l’histoire d’un type qui se fait plaquer par sa copine en direct à la télé et qui devient le mec largué le plus célèbre de France. Et puis sont arrivés Juliette,
Ben et Francine, tous taraudés par une crise affective. Je me suis rendu compte que ces quatre personnages étaient dans l’impossibilité de dire « je t’aime » à qui que ce soit. Ils étaient heurtés par une crise émotionnelle. Alors j’ai développé mon histoire en roman choral, un clin d’œil aux « Chroniques de San Francisco » d’Armistead Maupin qui m’a encouragé à écrire.

Dans ton livre il y a Francine, Juliette, Joachim, Ben, comment choisis tu les prénoms de tes personnages ?
Les prénoms s’imposent en fonction de l’univers des personnages, ils rappellent une époque, parfois un environnement socio-culturel. Il faut écrire sur eux en amont pour mieux les connaître, savoir qui ils sont, d’où ils viennent. C’est la première partie du
processus d’écriture. Francine évoque la bonne maman, Juliette la trentenaire romantique, Joachim l’homme fort et sportif, Ben c’est le diminutif de Benjamin qui sonne plutôt rêveur.

Le premier contact entre un livre est son lecteur se fait souvent par le titre. Comment Je ne sais pas dire je t’aime t’est-il venu ?
Au départ c’était une phrase d’un dialogue que disait Juliette à sa psy « – Je ne sais pas dire je t’aime ». J’ai trouvé qu’elle était le leitmotiv des quatre personnages et la thématique du livre. En fin de compte, je n’ai pas gardé ce passage de dialogues mais
j’ai bien aimé cette phrase. Elle me rappelle une chanson de Serge Gainsbourg qui est pour moi la plus belle chanson d’amour « Je suis venu te dire que je m’en vais ».

As tu des rituels particuliers ou des habitudes lorsque tu écris ?
Je lis à voix haute ce que j’écris. Je joue les dialogues pour être sûr qu’ils sonnent juste. Je parle tout seul devant mon bureau en fait. Donc il vaut mieux que je sois enfermé chez moi pour écrire sinon on me prendrait pour un fou.

Es tu adepte du premier jet ou de la longue réécriture ?
N’est pas Mozart qui veut ! Je ne propose jamais à la lecture le premier jet. Il en faut de la sueur et des ratures, des remises en question. J’écris quatre versions de mon manuscrit avant de le remettre à mon éditrice.

Roland est mort, ton précédent bouquin est un gros succès, il a été traduit en plusieurs langues (italien, allemand, bientôt en coréen), comment vis tu ce succès ? tu t’ y attendais ?
Je le vis bien, ah ah ! C’était inattendu mais je n’y pense pas trop, je me concentre sur l’avenir, sur ce que je voudrais raconter prochainement. Les versions étrangères sont assez incroyables, d’ailleurs je ne réalise toujours pas. C’est mon roman sans être
mon langage, une drôle de sensation.

Parmi les personnages de tes deux derniers romans, lequel serais tu ?
Juliette #metoo

Tu es très présent sur les réseaux sociaux (instagram et facebook). Tes lecteurs t ont-ils déjà contacté ? Quelle relation as tu avec eux ?
Les temps sont durs pour l’édition alors il ne faut pas négliger les réseaux sociaux qui sont vecteurs d’information. Chaque lecteur ou lectrice peut me contacter à sa guise et discuter du roman. Je me fais un point d’honneur de répondre à tout le monde,
après je n’entretiens pas de correspondance, ce serait trop chronophage.

Quels sont tes projets ? Un prochain livre ?
Je travaille sur un manuscrit que j’espère présenter à mon éditrice à la fin de l’été,
une comédie décapante. Ensuite j’aurais très envie de m’éloigner de la comédie pour
écrire une histoire flippante avec une intrigue vénéneuse. Je ne sais pas si j’en serais
capable… Écrire c’est tout ce qui compte. C’est un sport de combat.

Et pour finir, la playlist idéale qui accompagne la lecture de Je ne sais pas dire je t’aime?
Singulière et moderne, je choisis la French Pop :

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